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Et maintenant...

16 sept.
2 min de lecture

J'ai franchi la porte de mon médecin avec le sentiment que c'était la dernière fois. Non pas la dernière visite médicale, le dernier rendez-vous ou le dernier test... mais plutôt la fermeture d'un chapitre trop volumineux. Aujourd'hui, j'ai bouclé autant que possible la boucle CNESST. Aujourd'hui, j'ai discuté, présenté et déposé des documents administratifs pour la toute dernière fois. Je ne me proclame pas immune à la récidive, je connais bien la vie et ses surprises. Par contre, aujourd'hui marquait techniquement la fin de mon combat des six dernières années. Le SDRC restera avec moi ; il est mon ombre ou mon compagnon, vous pouvez le voir comme bon vous semble. Certains jours, j'ai le sentiment qu'il est le diable et, d'autres, un rappel de ma résilience. Dans les sept dernières semaines, j'ai décidé de le regarder en face, de l'affronter, lui et tous ses amis : Colère, Tristesse, Anxiété, Culpabilité, Fatigue, Douleur et j'en passe. Pourquoi après six ans n'avais-je toujours pas réussi à lui faire face ainsi ? La réponse est simple... je ne vivais pas pour moi. J'étais dans le système. Ce système qui te rappelle à quel point « Tu es chanceuse ». Tu n'as pas à payer tous tes traitements... quelle chance ! Tu as une rente... quelle chance ! Tu n'as pas à t'inquiéter pour ton travail... quelle chance ! Voici la définition de la chance : le hasard favorable, la bonne fortune. Une opportunité offerte pour réussir ou entreprendre quelque chose. Dites-moi, où est cette chance ici ? Garder mon emploi, percevoir des rentes et avoir certains soins payés est plutôt un concours de circonstances qu'une chance. Je n'ai pas choisi de me blesser au travail, je ne voulais pas être dans le système, ressentir cette pression, être confrontée au manque d'empathie et d'humanité, ni devoir faire une réadaptation au rythme et selon les besoins d'autrui au lieu des miens. Ma santé physique a été impactée par un accident sur mon lieu de travail, mais ma santé psychologique s'est vue anéantie, piétinée par une agence d'assurance où mon nom sur le dossier a été remplacé par un numéro à neuf chiffres. Depuis six ans, je suis étourdie, épuisée. Mais aujourd'hui, quand j'ai remis les dernières annotations, rapports et informations...

j'ai pour la première fois ressenti que ce chapitre arrivait à son terme. Un dernier souffle, une dernière attente. Bientôt, je vais pouvoir regarder le SDRC et lui dire : « Maintenant, il ne s'agit que de toi et moi... et fais moi confiance, je serai plus douce qu'eux, plus compréhensive, moins imposante et bien plus empathique ».

 
 
 

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